Visite du Beemster, patrimoine mondial de l’humanité I

Qu’y a-t-il donc à voir à présent ?
De nos jours, le visiteur du Beemster aura en premier lieu le regard attiré par l’espace ouvert. L’écrivain anglais Aldous Huxley admirait déjà la beauté géométrique du paysage du polder : « Les lois de la perspective mènent inévitablement les longues routes et l’eau scintillante vers un point de fuite indistinct. Exquis paysage ! ». Les pyramides formées par les fermes à toit en cloche conviennent merveilleusement bien à ce paysage. Surtout depuis la digue de ceinture, le visiteur a une bonne vue d’ensemble des lignes droites et étroites de ces lotissements particuliers. La plus grande partie de la digue de ceinture est accessible, à l’exception d’une partie au nord qui n’est pas pavée et où seuls les promeneurs peuvent y avoir accès (les chiens n’y sont pas admis !).

Molens langs vaartNouvelles opportunités d’investissement
Les princes avaient été invités par ceux qui avaient réalisé ce plan audacieux, à savoir un groupe de marchands d’Amsterdam et de hauts fonctionnaires de la Haye. Ces derniers obtinrent en 1607 l’autorisation d’assécher le plus gros lac du Nord de la Hollande. En raison de l’affaissement du sol composé initialement de tourbe, des grandes marées et de l’érosion des rives, de grands lacs s’étaient formés dans la région au nord d’Amsterdam. Des inondations répétées menaçaient les villes. De plus, avec l’accroissement de la population urbaine, les besoins en terres cultivables furent de plus en plus importants pour l’approvisionnement alimentaire. Les marchands, devenus prospères grâce au commerce, cherchèrent de nouvelles possibilités d’investissement et élaborèrent des plans pour assécher les grands lacs. Grâce au développement de nouvelles techniques, ces plans purent être réalisés. Les ingénieurs chargés des digues demandèrent au constructeur de moulins, Jan Adriaansz, originaire du Rijp, de prendre en charge la réalisation technique du projet. Ses exploits lui valurent plus tard le (sur)nom de Leeghwater. Après la construction de la digue de ceinture, l’eau commença à être évacuée du lac du Beemster par l’action de 26 moulins à eau et à vent. Une tempête en janvier 1610 fut cependant si forte que le polder pratiquement asséché se remplit de nouveau, si bien que tout fut à recommencer. Cette fois, 40 moulins furent à l’œuvre. Les travaux s’achevèrent durant l’été 1612, le lac était asséché !

Idéal de beautéde ideale stad van Simon Stevin
Les constructeurs de la digue saisirent à deux mains l’unique chance d’aménager un nouveau territoire inexploité, peu de temps auparavant, les idées de la Renaissance provenant d’Italie, concernant l’aménagement idéal, venaient d’être reprises par Simon Stevin dans son livre « La ville Idéale ». Le carré était, de plus, la forme qui était considérée, par excellence comme le summum en matière d’idéal de beauté. Pour l’aménagement du nouveau territoire, il fut donc choisi un plan en damier, défini par les cours d’eau et les routes. Cet parcellement particulier a été conservé pratiquement intact jusqu’à présent, ce qui constitue une des raisons pour lesquelles le Beemster a été inscrit sur la liste des patrimoines mondiaux de l’Unesco (1999). Il en résulte une situation particulière, parce qu’au sein du Beemster se trouve déjà une partie d’un autre site appartenant au patrimoine mondial : la ligne de Défense d’Amsterdam.